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25 mars 2020
Du côté des industriels et des entreprises

Cadres: les 15 fonctions qui ont le plus recruté en 2019

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EXCLUSIF - Sur un marché ultra-porteur, 296.000 offres d’emplois cadres sont attendues en 2020. En partenariat avec HelloWork, Challenges fait le point sur les fonctions qui recrutent le plus, pour quels métiers, et dans quelles villes.

Toujours plus haut! Quelque 296.000 recrutements de cadres sont attendus en 2020, contre 281.300 en 2019, selon l'Association pour l'emploi des cadres (Apec), qui estime que le cap des 300.000 sera atteint en 2021-2022. "Toutes les fonctions, tous les métiers, tous les secteurs sont en quête de candidats, observe Chantal Bérard, chasseuse de tête chez Boyden. Y compris dans des fonctions comme les ressources humaines ou la supply chain, parents pauvres de ces dernières années."

Une dynamique tirée par les investissements, la transformation numérique et la réindustrialisation, comme le confirme notre premier baromètre de l’emploi cadre réalisé en exclusivité par Cadreo, le site d’emploi des cadres de HelloWork. "Tout le monde est à la recherche de profils en T, observe ainsi François Leverger, son directeur général, avec des compétences très larges, mais également un niveau d’expertise important sur certains sujets."

Premiers à bénéficier de cette dynamique: les informaticiens, et plus précisément les nouveaux profils tels les product owners ou chief products pour les plus seniors. Comme l’explique Daniel Hansberger, fondateur du cabinet de recrutement Who, "ce sont des profils entre la tech et le business. Ils peuvent non seulement créer une application ou des sites d’e-commerce, mais aussi coordonner leur déploiement". Autre fonction en expansion, selon Christelle Pradier, directrice du recrutement de la SSII Sopra Steria, "les architectes expérimentés ayant une vision d’ensemble des systèmes informatiques et qui jouent le rôle d’assembleurs". "Nous avons aussi besoin, précise-t-elle, de spécialistes en cybersécurité et en intelligence artificielle, notamment des professionnels des données pour “dresser les robots” afin d’accélérer l’automatisation des tâches."

Informaticiens plébiscités

Ces pointures sont aussi accueillies à bras ouverts dans l’audit et le conseil. Pierre Constant, associé EY en charge du recrutement, intégrera 2.500 nouveaux collaborateurs en 2020. "Hier encore, note-t-il, les auditeurs travaillaient avec des techniques d’échantillonnage. Les systèmes informatiques actuels leur donnent une analyse globale des problèmes, donc une vision d’ensemble. A condition d’être à l’aise avec les données." En attendant de doter tous ses auditeurs de ces compétences, le cabinet a créé un nouveau "hub" pour ceux qui maîtrisent les data et les outils de data visualization. Même évolution à Mazars, où des spécialistes du numérique et de la tech rejoignent les activités de conseil pour épauler les directions de services informatiques de leurs clients.

 

Les industries de pointe, à l’image de Thales, sont également friandes de ces ingénieurs haut de gamme. "Nous recrutons principalement des spécialistes dans les domaines de la R&D du logiciel et du matériel (temps réel embarqué, électronique, traitement du signal), illustre Vincent Mattei, directeur Talent acquisition France du groupe. Nous recherchons notamment des profils expérimentés en ingénierie système ou logiciel comme des architectes logiciels, des experts en intelligence artificielle, en cybersécurité ou en physique quantique."

Des profils similaires sont plébiscités dans les bureaux d’études et d’ingénierie, signe de la bonne santé de l’industrie en plein redémarrage en France. Assystem va ainsi recruter 1.500 cadres en 2020. Pour Emmanuelle Capiez, sa DRH, "ces offres s’adressent à des ingénieurs en génie mécanique, en électronique, en systèmes embarqués, des spécialistes de la sécurité ou des maquettes numériques…"

Profils hybrides chouchoutés

Si, à eux seuls, selon l’Apec, l’informatique, la R&D et le conseil représentent 50% des postes à pourvoir, la révolution digitale et technologique impacte aussi nombre de fonctions et métiers traditionnels. Les profils hybrides maîtrisant l’usage des outils numériques appliqués à leur propre métier sont en effet chouchoutés par tous les employeurs… "Pas un seul chargé de communication ou responsable marketing ne peut aujourd’hui être recruté s’il n’est pas à l’aise avec les réseaux sociaux, les CRM ou le digital marketing", énumère Claire Romanet, fondatrice du cabinet de recrutement Elaee, spécialisé dans ce type de profils. De plus, les postes de chargés de communication évoluent vers des fonctions d’influenceur et intègrent des compétences jusqu’alors plutôt propres aux responsables marketing."

Dans les ressources humaines, sont aussi apparus les jobs de recruteurs de profils technologiques. "Le décollage de ces embauches, observe Coralie Rachet, directrice générale du cabinet de recrutement Robert Walters, vient de la volonté des entreprises de renforcer leur politique en matière d’identification des talents sur un marché de pénurie."

Fonctions support renforcées

Car il faut répondre à l’autre forte demande actuelle: le renforcement des fonctions support pour accompagner la transformation numérique. Dans la logistique et la supply chain, les offres d’emploi accompagnent l’explosion de l’e-commerce. L’argent restant le nerf de la guerre, les employeurs sont aussi en quête de profils financiers. "Ils nous demandent des contrôleurs de gestion et des comptables pour mieux étudier où se crée la valeur ajoutée et suivre l’évolution des comptes, décrit Sophie Joannes, senior manager à Fed Finance. Ces deux sont d’autant plus en tension que le turn-over a repris." Les départs à la retraite incitent certaines banques, comme la Caisse d’épargne d’Ile-de-France, à recruter des conseillers financiers. "Nous avons aussi besoin de char gés d’affaires entreprise senior ou de spécialistes de la structuration de dettes", explique Bertrand Blanpain, président d’Arkéa Banque entreprises et institutionnels. Mais globalement, les créations de postes dans ce secteur se réorientent toujours plus vers les fintechs et les néobanques.

Plus que jamais, les cadres commerciaux sont en première ligne. "Il y a d’un côté les business développeurs à la recherche de nouvelles affaires, et de l’autre, dans les directions commerciales, des professionnels chargés de structurer les points de vente, met en lumière Sabine Mota, manager à Fed Business. Et nombre de recrutements concernent les relations entre entreprises et fournisseurs." Car d’amont en aval, les entreprises consolident leurs process pour gagner en efficacité. "Dans les grands groupes, des postes sont créés autour de l’efficacité commerciale, confirme Chantal Bérard. Ils sont confiés à des cadres chevronnés chargés de mettre en place les process pour obtenir les meilleurs résultats possibles." Le foisonnement de la réglementation avec toutes les nouvelles normes, notamment en sécurité informatique, mais aussi des obligations de conformité s’est, quant à lui, traduit par une augmentation des recrutements de juristes, selon Fed Legal.

Passerelles facilitées

Dans ce marché globalement en pénurie, les entreprises utilisent tous les canaux et misent sur tous les profils, acceptant dans les secteurs en tension des ajustements sur l’expérience ou le diplôme. Selon l’Apec, 74.000 cadres avec plus de dix ans d’expérience ont été recrutés en 2019, alors que seuls 68.000 avaient été anticipés. Les employeurs ouvrent aussi la porte à ceux qui envisagent une reconversion. "Nous sommes prêts à former des candidats très motivés, rappelle Christelle Pradier. Et nous regardons leur capacité à s’intégrer dans de nouveaux univers." Charlotte Gouiard, responsable du recrutement de Mazars, insiste, elle, sur les compétences comportementales: "Nous recherchons avant tout des personnalités ayant envie d’apprendre." La raréfaction des profils disponibles conduit également à une plus grande porosité entre entreprises traditionnelles et start-up, les premières bénéficiant des forces vives des secondes pour devenir plus agiles. Un rapprochement gagnant-gagnant.

Légende: Si les fonctions informatiques et bureaux d’études/R&D liées à la digitalisation et aux évolutions technologiques ont représenté un tiers des offres en 2019, leur progression moyenne de 23% par rapport à 2018 reste inférieure à celle des offres d’emploi dans l’industrie, de la R&D à la maintenance, en passant par l’ingénierie et la production. Celles-ci ont connu une accélération moyenne de 30% en un an et talonnent les offres dédiées aux profils tech. L’industrie française a clairement engagé sa phase de reconquête, même si celle-ci est plus visible pour l’instant dans les bureaux d’études que dans les ateliers. En témoigne le bond de 43% des offres de l’ingénierie industrielle. Comme en 2018, les offres d’emploi dans les fonctions commerciales ont constitué le trio de tête des employeurs en 2019. Représentant globalement 19% des annonces, elles ont augmenté de 22% en un an, loin devant les fonctions support.



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