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15 septembre 2020
Du côté des Anciens

Bousculé par la crise, FIGEAC AERO doit consolider

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En forte croissance avant la crise, Figeac Aéro a engagé un PSE qui prévoit la suppression de 320 emplois sur son usine principale du Lot et a réduit de 600 postes ses effectifs à l'étranger. "Un crève-coeur" pour Jean-Claude Maillard, le fondateur de la société, devenue en 30 ans le premier sous-traitant aéronautique européen. Le dirigeant évoque dans une interview à La Tribune, les possibilités de consolidation envisagées par le groupe via un rapprochement avec un grand groupe ou une fusion avec d'autres acteurs de la supply chain.

... Article de Florine Galéron paru sur La Tribune Occitanie le 8 septembre.

 

et paru aussi le 8 septembre dans L'Usine Nouvelle cet article de Olivier James :

L’adage est connu : on ne prête qu’aux riches. Et pas même aux anciens riches. Les industriels du secteur aéronautique en font l’amère constatation. Ceux que l’on tenait pour être les mieux lotis de l’industrie en sont désormais à courir après qui voudra bien leur porter secours. Car en quelques mois, le Covid-19 a eu raison de l’euphorie qui caractérisait l’aéronautique depuis plusieurs années : les acteurs de la filière ont un genou à terre et cherchent des investisseurs à même de les soutenir pendant les quelques années que pourrait durer la crise.

C’est le cas en particulier de DAHER et de Figeac Aéro, selon nos informations. Mais cette quête effrénée promet d’agiter l’ensemble de la filière ces prochains mois, PME et ETI en tête, et pourrait tourner au cauchemar pour certains.

"La problématique de l’endettement élevé et de la recherche d’investisseurs est en train de se généraliser dans le secteur aéronautique, confirme Yan Derocles, analyste spécialiste de l`aéronautique chez Oddo BHF Securities. Les acteurs de la filière ont massivement investi ces dernières années pour tenir les hausses de cadences de production et se retrouvent désormais avec une baisse brutale d’activité qui les oblige pour sortir la tête de l’eau à chercher des investisseurs." Si les Prêts Garantis par l’Etat (PGE) ont permis à plusieurs entreprises d’obtenir des liquidités, cela ne résout pas le problème de la dette.

Les valeurs d'entreprises en chute libre

"Mes actionnaires seraient d’accord sur le principe d’une ouverture de capital pour nous permettre de jouer notre rôle dans la consolidation, mais l’enjeu sera d’obtenir en ces temps de crise, une juste valorisation pour que cela soit faisable", confie à L’Usine Nouvelle Didier Kayat, le directeur général de Daher. Même volonté du côté de Figeac Aéro, par ailleurs coté en bourse. "Je souhaite consolider nos fonds propres pour améliorer notre santé financière pour pouvoir mieux traverser la crise et continuer après à se développer", annonce Jean-Claude Maillard, le président fondateur du sous-traitant, dans l’interview qu’il nous a accordé, dans laquelle il déclare en parallèle s'intéresser à un rapprochement avec des groupes tels que Mecachrome, Nexteam, We Are et Lawak...

Mais la chasse aux investisseurs relève du casse-tête. D’abord parce qu’ils se font rares. "En raison du manque de visibilité du secteur, les investisseurs actions se tournent surtout vers les valeurs dites « sûres », telles que SAFRAN et AIRBUS, relève Yan Derocles. Ce qui laisse nettement mois d’opportunités pour les sociétés de taille moyenne." Mais aussi parce que l’effondrement de la demande, et donc de la production, a fait chuter la valeur des entreprises du secteur aéronautique. "Quand on a besoin de se recapitaliser dans une période difficile, certains investisseurs peuvent être tentés d’abuser de la situation pour sous coter des entreprises", regrette Jean-Claude Maillard. Les négociations entre industriels et acteurs financiers virent au bras de fer.

En bourse, le titre de Figeac Aéro est passé de 26 euros en 2015, à… 3 euros désormais. Le titre de Latécoère, qui caracolait à 17 euros en 2014 en vaut aujourd’hui dix fois moins. "Beaucoup de patrons d’entreprises refusent aussi de discuter car ils ne sont pas prêts à abandonner leur entreprise avec une moindre valorisation, indique Yan Derocles. C’est d’autant plus vrai avec les sociétés familiales."

L’enjeu est énorme pour tous les dirigeants de PME, TPE et ETI : faire venir des investisseurs sans brader leurs entreprises. S’ils peuvent compter sur certains investisseurs qui ont une vision à plus long terme, tels que ACE Management (en charge du fonds ACE Aéro Partenaires), eux aussi ne peuvent occulter une certaine recherche de rentabilité dans leurs placements. Et ACE ne pourra pas sauver toutes les entreprises défaillantes…

Des rapports qui se tendent avec les donneurs d'ordre

Le risque encouru en l’absence d’accord avec des investisseurs ? La rupture pure et simple de contrats, en particulier avec les grands donneurs d’ordre pour les équipementiers et sous-traitants de rang un. "Si les fournisseurs de rang un refusent l’arrivée de nouveaux investisseurs au prétexte d’une sous-valorisation, ils encourent le risque de perdre des contrats auprès des donneurs d’ordre qui sont très attentifs à la solidité financière de ces acteurs", assure Yan Derocles. Un risque réel que confirment les témoignages d’industriels, notamment celui de Jean-Claude Maillard.

Cette recherche d’investisseurs pour redonner du souffle aux industriels de la filière est d’ailleurs en train de tendre les relations entre les différents acteurs. "Depuis le mois de mai, Airbus et Boeing ont des rapports beaucoup plus violents avec leurs fournisseurs, exigeant qu’ils se renforcent, par une recapitalisation ou une consolidation avec d’autres acteurs, sous peine d’annuler des contrats, assure une source qui préfère conserver l’anonymat. On constate de nombreuses annulations de contrats ces derniers mois." Les acteurs de la filière aéronautique découvrent la nécessité de devoir séduire les investisseurs.

 

 



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