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16 février 2021

Éducation: le modèle très disruptif du professeur La Blanc

Publié par Michel MURAT (6) | Enit

 Gregory La Blanc, professeur à l'université de Berkeley. « Le plus souvent, l'étudiant est le produit, dit-il. Mais nous n'apportons pas beaucoup de valeur au vrai client final : le recruteur. »

 


Le modèle très disruptif du professeur La Blanc

Selon ce pionnier américain de la transformation digitale, l'université doit fournir davantage de données sur un étudiant… à son futur employeur.

En trois jours, au début du confinement, l'Education nationale a accompli la révolution numérique qu'elle n'avait pas réussi à amorcer en une décennie. La crise sanitaire du Covid-19 aura au moins eu cet effet salutaire. Au niveau planétaire. « L'éducation n'a pas évolué depuis cinquante ans, seule la couleur du tableau a changé », estime Marie-Christine Levet, entrepreneuse et fondatrice d'Educapital, le premier fonds européen de capital-risque entièrement destiné à l'enseignement. Gregory La Blanc, professeur à la business school Hass, à l'université de Berkeley, est bien plus sévère : selon lui, rien n'a changé depuis l'université de Bologne au XIIIe siècle : « Nous faisons pratiquement la même chose et à l'époque on pensait que le soleil tournait autour de la Terre et que la Terre était plate. »

Gregory La Blanc se considère lui-même un pionnier dans la transformation digitale des systèmes éducatifs. Il a fait sa première classe en ligne en 2001 et donné son premier cours à distance à Berkeley en 2011. Il a pu mesurer la grande réticence au changement, tant du côté des entreprises que des institutions. Et aussi la déception des étudiants : pourquoi dépenser 150 000 dollars pour un MBA que je vais suivre depuis mon salon, installé devant mon écran !

« Plus d'infos sur Facebook »

Très à l'aise dans la métaphore et le storytelling, La Blanc se souvient de sa première calculatrice HP, achetée en 1981, quand il avait 14 ans et qu'il utilisait encore vingt ans plus tard. De nos jours, un téléphone est obsolète en un an. « Autrefois, vous alliez à l'école et pouviez vous reposer sur ces acquis pendant trente ans , explique-t-il. Aujourd'hui, l'enseignement est dépassé avant même d'obtenir votre diplôme. » Pour survivre, les universités doivent inventer des modèles permettant de se former toute la vie. Selon le professeur de Berkeley, les institutions actuelles sont organisées pour faire fonctionner les anciens modèles. Et elles ne partagent pas la donnée, elles ne communiquent pas sur leurs résultats financiers, elles ne travaillent pas ensemble… « Nous passons quatre ans avec un élève auquel nous attribuons une note et une lettre de recommandation , soupire-t-il. Quand un recruteur vient à l'université nous lui donnons 3 bytes de données. Et si je vais sur Facebook, j'obtiens mille fois plus d'informations sur la même personne. »

L'université devrait pouvoir fournir à un employeur 10 gigabits de données sur un élève : comment il interagit avec les autres, comment il apprend sa capacité à diriger… « Le plus souvent, l'étudiant est le produit , lâche-t-il. Mais nous n'apportons pas beaucoup de valeur au vrai client final : le recruteur. »

Le rôle du prof « surévalué »

Et La Blanc va plus loin. Selon lui, le rôle du professeur est « surévalué » : les gens peuvent apprendre grâce à la technologie. Grand fan de projets basés sur l'apprentissage pur, il voudrait que les modèles comme l'école 42 se développent à grande échelle. Actuellement, il travaille avec Kwame Yamgnane, cofondateur de 42 dans la Silicon Valley, aujourd'hui patron de la plateforme Qwasar, à Palo Alto, pour déployer le modèle mondialement. Marie-Christine Levet est plus prudente sur l'évolution du modèle, surtout s'il s'agit de l'appliquer en France. La technologie ne remplacera pas les professeurs, assure-t-elle. Le changement se fera aussi avec l'école et les professeurs, en collaboration avec les start-up. Et c'est bien ce dernier point, accorde-t-elle, qui risque de poser le plus de difficultés.

Sources: Challenges 

 

Auteur

Manager de transition, ancien dirigeant, je passe mon temps, à travers plusieurs associations, à apporter mon expérience et mon savoir-faire à tous les dirigeants et chefs d’entreprises, qui ont souhaitent avoir un œil neuf pour dynamiser leurs activités ou à les sortir de leur isolement.
Et je suis collectionneur et passionné de véhicules anciens Voir les 20 autres publications de l'auteur

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