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15 mars 2022

La Roumanie à vélo

Une aventure à vélo entre copains

La Roumanie, c’est quand même trop loin pour y aller en voiture, surtout en 1992, avec les mauvaises routes … Alors nous y sommes allés à vélo.

Mais pourquoi aller là-bas?

Johannes EVI et Nicolas MORNET ont aussi participé à ce voyage


Deux étudiants Roumains de l’université technique de Bucarest, avides de découvertes après la chute du Mur (en 1989) et du dictateur de l’époque Ceausescu, nous avaient écrit enthousiastes à l’asso des élèves de l’ENIT. Et tout aussi curieux, nous les avons invités à Tarbes pour 2 semaines. Sympathiques, ils nous avaient invités en retour.

Alors, pour nos dernières grandes vacances de la fin de notre cursus à l’ENIT, nous avons décidé d’aller leur rendre visite. A 4 de la 25°, et 2 cousins qui n’avaient pas le temps d’aller plus loin que Munich.

Nous sommes donc partis de la Région Parisienne. Après les mornes plaines de la Brie et de la Champagne, parfaites pour s’entrainer en douceur, des bains quotidiens dans les rivières ou l’étang du parc de Bains-les Bains, le parcours est devenu plus intéressant en passant dans les Vosges, franchies au Markstein et non loin du Grand Ballon d’Alsace.

Après encore quelques côtes dans la Forêt Noire nous avons rejoint la vallée du Danube, peu avant le Lac de Constance, que nous avons longé jusqu’à Lindau, où pour une fois nous n’avons pas dormi à la belle étoile, nous n’avions pas pris de tente, mais dans une auberge de jeunesse.

Après quelques bières à Garmisch-Partenkirchen et Munich, nous avons retrouvé le cours du Danube en Autriche. Comme Olivier trouvait qu’on trainait un peu trop il est parti devant en éclaireur. Les portables n’existaient pas : Rendez-vous était donné environ 200 km plus loin, devant la Cathédrale de Vienne. Pour ensuite dormir sous un pont qui nous est apparu accueillant, car ce n’est pas facile de dormir à la belle étoile en pleine ville !

Nous avons eu deux chutes en Autriche. Une à Vienne dans une rue en descente avec des rails de tram, qu’il ne faut pas franchir en biais ! Hé oui, les trams n’existaient plus en France, et nous n’avions pas l’habitude… Maintenant les Bordelais, Nantais et Strasbourgeois connaissent bien le danger !

Et une autre dans un bouchon juste avant la frontière avec la Hongrie : là c’est en se retournant pour voir si on suivait, qu’Olivier a heurté la voiture qui s’arrêtait devant lui. Comme sa roue était toute tordue il a acheté une jante neuve (c’est moins cher qu’une roue complète), et nous avons pu voir comment on remontait tous les rayons.

Jusqu’à Szeged et la frontière roumaine, la route était droite, plate et peu fréquentée. Pas beaucoup d’endroits sympas pour la nuit. Tantôt en lisière d’un bois, tantôt au milieu d’un champ moissonné. La fatigue et quelques gorgées de schnaps local aidant, on s’endormait vite quand même.

En Roumanie certaines scènes nous ont parfois surpris. Une paysanne qui à pied ouvre fièrement la marche devant son homme assis sur la charrette tirée par un mulet, un automobiliste qui lave sa voiture au milieu d’un cours d’eau, des flaques d’huile de vidange sur les bas-côtés, des vieux camions rejetant une fumée bien noire, de nombreux accidents de la route. Nous en avons tout de même vu 2 en 4 jours, entre Dacia, les R12 locales. Sur la route beaucoup de nids de poule, des cochons qui se promènent entre les tables d’une terrasse…

Le passage des Alpes de Transylvanie entre Sibiu et Pitesti nous a laissé d’autres très beaux souvenirs. En particulier l’accueil spontané de moines orthodoxes dans une grange du monastère, pour passer la nuit dans la paille, et le bon morceau de gras de cochons offert en guise de petit déjeuner. Mais nous n’avons pas eu la chance de voir les ours sauvages.

C’est dans cette région que notre ami est venu à notre rencontre, avec un mini-vélo. Quel courage !

Notre périple n’était pas seulement sportif, quelques visites comme, Deutsch Museum de Munich, les châteaux de Bavière, le centre de Vienne se sont intercalées.

Après trois semaines et environ 2600 km nous sommes bien arrivés à Bucarest. Là nous avons retrouvé nos autres amis Roumains et Roumaines, avec qui nous sommes allés jusqu’à la Mer Noire, mais en train cette fois.

 

Notre retour s’est fait en avion, et en remerciement pour son hospitalité, Olivier a donné son vélo à notre hôte Gigi, pour qu’il ne prenne plus le mini vélo de sa sœur.

Aujourd’hui encore nous avons des contacts avec l’un d’eux, Gigi, ingénieur travaillant aux USA.

Et sur leur lancée, Hervé et Olivier continuent les périples à vélo, de Paris à Gibraltar, via Biarritz, et Lisbonne, par « petits » bouts annuels …

 

Johannes Evin, Olivier Jamet, Hervé Maurel, Nicolas Mornet

 

 

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