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18 juin 2019

Le Pétrole puis retour au pays : Jules-Bernard NOUGANG (24)

 Jules Bernard après avoir travaillé en France jusqu'en 1995 retourne au pays pour y continuer sa carrière dans le pétrole.


 

Entretien avec Jules Bernard NOUGANG  -  (24)

Bonjour Jules-Bernard,

Toi qui as qui a commencé par travailler chez Turbomeca tu as basculé très rapidement dans le Pétrole et as rejoint ton pays en 1995.

Tu es diplômé en 1991  (promo 24). As-tu eu des difficultés pour trouver le premier job ?

 Oui j’ai eu des difficultés à trouver mon premier job. J’ai envoyé beaucoup de demandes, j’ai passé beaucoup d’entretiens en vain. Je dois avouer que mon statut d’étudiant étranger ne facilitait pas les choses dans la mesure où la loi à l’époque stipulait que : pour que l’Administration (Préfecture) délivre une carte de résident valant permis de travail il fallait que le futur employeur apporte les preuves qu’il n’a pas trouvé un français ayant la compétence requise. Ces démarches très longues avec parfois peu de chance de succès au bout du compte décourageaient la plupart des patrons de PME.

Aussi ai-je prolongé ma formation de 01 an par le Mastère Spécialisée en Production Automatisée dans l’espoir qu’une bonne exécution du projet de fin d’étude qui durait 06 mois pouvait déboucher sur une embauche suivie par l’obtention de la carte de résident. Ce fut une très bonne expérience. En effet mon PFE se passa très bien et il me fut accordé l’opportunité d’implémenter les instruments de pilotage d’atelier en juste à temps que j’avais conçu. Max Tulier (je le remercie) qui nous enseignait la pratique de la gestion de production était Directeur Technique à Microturbo et il pesa de tout son poids afin que je sois accepté à Microturbo qui avait des applications défense. Ce fut fait dans le cadre d’un CDD via SERENIT (structure qui autrefois assurait les liaisons avec les entreprises). 

Qu’as-tu fait à la suite de cette première embauche. Quels Métiers, Quelles évolutions, Quelles responsabilités ?

J’ai passé au final un peu plus de 01 an à Microturbo au cours duquel j’ai pratiqué l’organisation de toutes les techniques les plus pointues de gestion de production (MRP, Kanban, Ilot de fabrication, etc…). J’ai continué dans le même domaine à Talco (entreprise de radiotéléphone à Montauban) cette fois-ci, il fallait planifier la production des cartes chez les sous-traitants localisés en Bretagne (Fougère), organiser le transport express pour alimenter les lignes d’assemblage de radiotéléphones avec le minimum d’encours de production mais surtout éviter l’arrêt de production par rupture des approvisionnements.

De jeune ingénieur membre de l’équipe projet MAC-PAC de Microturbo, j’ai acquis plus d’autonomie en implémentant le juste à temps à la tête d’une équipe pour être le navigateur en production pour les chefs d’ateliers qui réalisaient les PDP (Plan Directeur de Production) et OF (Ordre de Fabrication) et produisaient suivant les informations analysées et mise à disposition par moi.

As-tu connu des difficultés dans tout ce parcours ?

Mes difficultés professionnelles n’étaient rien à côté de mes difficultés administratives. En effet la timidité du jeune ingénieur a vite cédé la place à l’enthousiasme et la créativité. Les autres difficultés étaient uniquement les challenges classiques liés au changement d’entreprise à savoir l’adaptation.

Tu es retourné naturellement dans ton pays en 2009 quel y a été ton parcours ?

En Février 1995, pendant mon séjour au Cameroun, je passe une série d’entretiens. Je suis rappelé par la suite et je commence à Elf Oil Cameroun le 17 Avril 1995 comme Assistant Commercial Consommateur. Il s’agissait de commercialiser les produits pétroliers (Carburant Fioul et Lubrifiants) aux entreprises industrielles. Il s’agissait d’un job de technico-commercial. Par la suite, j’ai occupé différentes fonctions au Commercial aussi bien à Total Cameroun après la fusion Total Fina Elf en 2001.

En Septembre 2002, je négocie mon départ de Total et j’intègre Texaco Cameroun comme  Directeur Lubrifiants. Toujours dans la distribution Pétrolière, mon rôle consistait à définir la politique et la stratégie de commercialisation des lubrifiants et de fidélisation des clients industriels. J’y ai occupé aussi des responsabilités sous-régionales et par moment l’intérim du DG.  

En 2012 Après le rachat de Texaco par MRS, je démissionne et intègre le groupe écossais Aggreko qui est spécialisée dans la mise en place des solutions électriques temporaires. J’assure le développement du business dans toute l’Afrique Centrale jusqu’en RDC.

En Octobre 2016, je suis approché par un groupe camerounais pour diriger sa branche pétrolière qui compte 72 stations-services et emploie environ 1200 salariés, poste que j’occupe jusqu’à ce jour. 

J’imagine que prendre des postes au Cameron est une grande satisfaction pour toi ?

Oui en effet. Cela m’a permis d’être non seulement près de ma grande famille, mais surtout de participer modestement à la construction de mon pays. 

Quels conseils donnerais-tu à un ENISARD qui voudrait faire de même, faire profiter son pays de ses compétences ?

Mes conseils s’articulent autour de 04 points :

  • Savoir qui on est et où on veut aller à travers un bilan personnel que l’on doit faire avant de se lancer à la recherche de l’emploi.
  • Etre persévérant, et continuer d’envoyer les demandes d’emploi malgré les réponses négatives.
  • Etre opportuniste, ne pas hésiter à commencer par un travail qui peut être loin de ce que l’on a fait à l’école. Par ailleurs au cours du parcours ne pas hésiter à changer de poste et surtout aller vers la mise en place de nouveaux postes dans l’entreprise.
  • Faire preuve d’intégrité et de rigueur dans tout ce que l’on fait. Etre professionnel jusqu’au bout même en cas de séparation car la vie est une roue. 

Si tu avais la possibilité d’intégrer une formation dans le cursus de l’école, laquelle choisirais-tu ?

J’intégrerais un module de communication, gestion des équipes et leadership. En effet, dans le monde professionnel, les problèmes techniques ont toujours des solutions. Les principales difficultés sont humaines. Pour implémenter les solutions techniques, il faut savoir communiquer et mobiliser les équipes vers un objectif.

Alain AUBRON (11)

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