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09 août 2022

Bill Gates : attention, la pandémie revient... en pire

Publié par Michel MURAT (6) | Divers

Un variant encore plus mortel et contagieux que le Covid-19, dans un monde de plus en plus menacé par le bioterrorisme. Dans son dernier livre, le milliardaire et philanthrope américain tire la sonnette d'alarme. Appelant, une nouvelle fois, à une nouvelle coalition des forces supranationales.


Cet été, Challenges a proposé un bond dans un futur imaginaire.  Dans le cadre de la série sur les scénarios de rupture, des projections, en version résumée rééditée, réalisées par la Red Team, une équipe d'auteurs de science-fiction réunie par l'Agence d'innovation de la défense. Sa mission: publier deux scénarios par an pour confronter les armées à des scénarios extrêmes. Mais aussi des scénarios repris dans des ouvrages, imaginés par nos soins, celui de nos contributeurs extérieurs ou encore par notre partenaire The Economist. Bonne lecture.

Après le futur désastre climatique, objet d’un livre l’an dernier (Climat : comment éviter un désastre, Flammarion 2021), Bill Gates tire les leçons de la pandémie. Son style sans détours est intact: saluant la mobilisation mondiale qui a permis de trouver vite un vaccin – mais pas assez rapidement un traitement -, l’entrepreneur milliardaire et philanthrope partage sa crainte de voir surgir un variant encore plus mortel et contagieux que le Covid-19. Plus le risque de bioterrorisme qui pourrait en découler. Son remède choc: l’union des forces, via des partenariats mêlant acteurs publics et privées, sorte de coalition supranationale, et surtout beaucoup, beaucoup plus d’argent "Le cauchemar est loin d’être terminé", prévient-il. Brrr. Extrait:

"Le risque que des terroristes mettent la main sur des armes biologiques existantes est d'autant plus grand que les procédés scientifiques qui permettent de fabriquer ces agents pathogènes ne sont plus réservés aux chercheurs de haut niveau employés dans des programmes gouvernementaux secrets. Grâce aux avancées dans la biologie moléculaire, des étudiants peuvent acquérir tout le savoir nécessaire à la conception d'une arme biologique. Et certaines revues scientifiques ont publié des données dont pourrait se servir un terroriste pour fabriquer un agent infectieux.

Un agent pathogène aux conséquences pire que le VIH

Un nouvel agent pathogène pourrait être très contagieux et mortel, mais déclencher des symptômes en différé. Dans ce cas, il se propagerait silencieusement partout dans le monde, peut-être pendant des années, avant d'éveiller le moindre soupçon. Le VIH, qui a évolué naturellement, fonctionne ainsi: si les personnes peuvent se contaminer très vite après avoir été infectées, leur santé se dégrade parfois près d'une décennie plus tard. Un agent pathogène du même type, mais ne nécessitant pas de contact intime pour circuler, aurait des conséquences pires que le sida.

Le risque d'attaque bioterroriste est une raison supplémentaire de consacrer, à l'échelle mondiale, bien plus d'argent et d'énergie à la recherche sur la détection, le traitement et la prévention des maladies susceptibles de se propager sur toute la planète. Au vu des enjeux de sécurité nationale en cas d'attentat, et du risque que le nombre de victimes se compte en millions, ces recherches devraient plus souvent être financées sur les budgets de la défense. Le Pentagone dispose d'une enveloppe annuelle de 700 milliards de dollars, les Instituts nationaux de la santé, d'un budget annuel de 43 milliards.

Résister aux vents contraires de la politique

J'ai bon espoir que la science nous donnera de meilleurs outils pour enrayer les épidémies mais les gouvernements doivent aussi envisager une défense très rudimentaire, la récompense. Il existe un précédent: les autorités ne proposent-elles pas fréquemment de l'argent en échange d'informations permettant d'arrêter des criminels et des terroristes?.

Quelle que soit l'ultime stratégie de lutte contre le bioterrorisme, elle devra résister aux vents contraires de la politique. Au début des années 1980, quand il était à la tête des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), Bill Foege a travaillé avec le FBI sur la détection et la réaction au bioterrorisme. Des simulations d'attentats par diverses maladies ont été organisées, pour suivre ce type d'attaques, puis une stratégie défensive a été mise au point pour chacune d'elles. Le successeur de Foege a mis un terme au projet du jour au lendemain."

Comment éviter la prochaine pandémie, Bill Gates, mai 2022, Flammarion, 432 pages, 21,90 €.  

 

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